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RAPMEDRAPv-Fi

Rap,Énergique,Aggressif,Voix masculine,Voix féminine,Très rapide,Syncopé
de La Personne EricOct 11, 2025
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🎧 SI NOUS AVIONS VÉCU / NOUS SAURIONS QU’AUJOURD’HUI [Intro] Si nous avions vécu… Dans la suie, dans le fiel, Sous les cloches et le ciel, Peut-être saurions-nous… Qu’ici, rien n’a changé. [Couplet 1] Si nous avions vécu, lorsque des caravelles, parsemées de corail, ramenaient la cannelle, au repos du bercail ; Nous saurions qu’aujourd’hui, dans les cargos géants, c’est la sueur d’enfants qui revient dans le vent. Si nous avions vécu, au cœur des citadelles, sous un habit de mailles, lorsque chantait la vielle, à l’ombre du vantail ; Nous saurions qu’aujourd’hui, sous les tours de verre, les soldats du chiffre montent la même guerre. Si nous avions connu, le temps des damoiselles, au profil de médaille, ce temps des tourterelles, nichant sous le vitrail ; Nous saurions qu’aujourd’hui, les écrans font icône, et que les cœurs s’enchaînent à des avatars sans trône. [Refrain] Nous saurions qu’aujourd’hui, le passé respire encore, Sous d’autres mots, d’autres corps, mais le même décor. [Couplet 2] Si nos yeux avaient vu, s’assembler la valetaille, autour de la muraille, au temps où les échelles attaquaient les tourelles ; Nous saurions qu’aujourd’hui, les foules s’amassent, devant les écrans, cherchant la même place. Si nous avions vécu, lorsque des ribambelles, geignaient sur la margelle, et que d’un soupirail sourdait la tenaille ; Nous saurions qu’aujourd’hui, dans les tours de béton, les cris des sans-voix montent à l’horizon. Quand on faisait l’obole, et donnait la parole, et que les ailes en croix ululaient sous la porte ; Nous saurions qu’aujourd’hui, les promesses mortes, s’impriment sur des murs que personne n’emporte. [Refrain] Nous saurions qu’aujourd’hui, les chaînes sont plus fines, Mais la misère s’incline, sous d’autres doctrines. [Couplet 3] Quand des meutes de loups s’avançaient en cohortes, sous le gel et le froid ; Nous saurions qu’aujourd’hui, les hivers de bitume, gèlent les mains nues des oubliés sans costume. Quand des troupes fourbues campaient dans les semailles, et que la joue barbue se ridait d’une entaille ; Nous saurions qu’aujourd’hui, sur les trottoirs en peine, les visages dorment dans la même haleine. Si nous avions vécu lorsque manquait le sel, au temps où les écus tombaient dans l’escarcelle ; Nous saurions qu’aujourd’hui, sous les néons stériles, l’or coule encore, mais pour les dociles. [Couplet 4] Au temps où dans les rues coulaient des eaux fécales, comme la toile écrue sur le dos du vassal ; Nous saurions qu’aujourd’hui, les déchets s’entassent, dans des mers sans foi, sans trace, sans grâce. Si nous avions vécu, lorsque dans les ruelles, pullulaient les bordels, Quand beuglait la gueulante, sous la porte du bouge ; Nous saurions qu’aujourd’hui, dans les halls des gares, les corps s’échangent pour un peu d’espoir. Quand une fille molle, vendue sur le grabat, prodiguait sa vérole, au cours de ses ébats ; Nous saurions qu’aujourd’hui, les pixels mentent, et qu’un like maquille la douleur vivante. [Refrain] Nous saurions qu’aujourd’hui, les plaies changent de nom, mais saignent à l’unisson, dans chaque maison. [Couplet 5] Si nous avions vécu, dans la cour des miracles, lorsque le roi des gueux régnait sur des pouilleux ; Nous saurions qu’aujourd’hui, dans les squats et les cages, les rois d’hier mendient leur image. Quand grouillait la vermine sous tous les oripeaux, et que la peau plissait sous le sourire osseux ; Nous saurions qu’aujourd’hui, le vice se parfume, et que la faim s’habille en costume. Quand trônait la famine assise au coin des yeux, et que sous des guenilles traînait une béquille ; Nous saurions qu’aujourd’hui, dans les files des banques, la peur s’incline sous les chiffres et les planques. [Couplet 6] Si nous avions vécu, lorsque chaînes aux chevilles se scellaient à la grille ; Nous saurions qu’aujourd’hui, les prisons sont mentales, les barreaux invisibles, les colliers digitales. Et qu’un peuple badaud, tout autour de l’estrade, engageait le bourreau à donner l’estrapade ; Nous saurions qu’aujourd’hui, le lynchage s’écrit, en commentaires vides, sous des cris. [Couplet 7 – Final] Si nous avions vécu, lorsque sur les bûchers se tordaient les sorcières, et qu’un tocsin de guerre ébranlait le clocher ; Nous saurions qu’aujourd’hui, d’autres sorcières brûlent, au feu du mépris, sous les masques qui s’accumulent. Quand bourdonnait le glas tout en haut du beffroi, et que trottaient les rats, visqueux de choléra ; Nous saurions qu’aujourd’hui, la peste s’appelle peur, et qu’elle coule en flux, dans nos heures. Quand les princes du sang parcouraient le royaume, trucidant les manants, mettant le feu aux chaumes ; Nous saurions qu’aujourd’hui, les trônes sont d’écrans, et que les rois s’inclinent devant l’argent. [Outro – lent, solennel] Si nous avions vécu… Nous saurions qu’aujourd’hui… Le Moyen Âge n’est pas mort. Il a juste pris l’ascenseur.