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đïž RAYĂ â LâHOMME AUX BARREAUXv-Fi
Pop
de La Personne EricOct 12, 2025Créer similaire
đïž RAYĂ â LâHOMME AUX BARREAUX
(Prologue)
Il était né rayé,
avant mĂȘme la lumiĂšre du jour,
avec des lignes sur la peau
comme des frontiĂšres dâamour.
On disait : « drÎle de gosse »,
le regard en travers,
les mots trop grands,
le silence amer.
I. Avant la chute
Rayé de la classe,
de lâĂ©cole, de la bande,
de ces rires uniformes
oĂč la peur se rĂ©pand.
Rayé des dimanches,
des repas sans paroles,
oĂč les pĂšres prĂȘchent la morale
et les mĂšres cousent des symboles.
Il portait déjà ses rayures
comme un costume dâerreur,
une peau zĂ©brĂ©e dâinjures,
un camouflage du cĆur.
Lâesprit Ă la dĂ©rive,
la tĂȘte hors du rail,
il rĂȘvait de trains de nuit,
de ports, de vent, dâĂ©toiles.
Mais les rails, les vrais,
ceux du bitume et du vice,
lâont pris dans leur ballet,
et la vie a fait justice.
II. Les vĂȘtements de rayures
RayĂ© dâun monde trop lisse,
il a troquĂ© la rue pour lâombre,
le cuir pour la tĂŽle,
le rire pour la tombe.
VĂȘtu de lignes blanches,
de tissu dâobĂ©issance,
chaque pli de sa manche
criait sa repentance.
RayĂ© jusquâĂ lâĂąme,
jusquâau fond du regard,
il comptait sur sa paume
les jours sans espoir.
Lâesprit qui dĂ©raille,
tourne en rond dans la tĂȘte,
comme un train sans rail,
comme une chanson muette.
III. Dans la cage
Un serpent de fumée
sâĂ©chappe du mĂ©got,
et se faufile en secret
vers la fente du barreau.
La cellule respire,
le silence se déchire,
un souffle sâĂ©tire,
comme un vers quâon inspire.
Il écrit sur la buée
du carreau de sa peine :
« Je suis rayé,
mais ma ligne est humaine. »
Chaque mur devient un texte,
chaque ombre un alphabet,
chaque cri un prétexte
Ă ne pas sâoublier.
IV. Le retour sur les rails
Un matin, le gardien
ouvre la porte Ă contretemps,
le jour se glisse en catimini,
le temps fait semblant.
Il sort.
Le monde lâattend,
sans un mot, sans un geste.
Mais il respire autrement,
Ă travers la brume et le reste.
Il marche,
pas Ă pas,
sur les rails dâun horizon neuf.
Ses pas cognent, ses rĂȘves sâacharnent,
sa tĂȘte se relĂšve.
Rayé mais pas brisé,
fĂȘlĂ© mais lucide,
il sait que la liberté
nâa pas de murides.
Les rails sous ses semelles
chantent un son de métal,
un rythme de vie nouvelle,
un retour ancestral.
V. Lâhorizon du portail
Devant lui : un portail,
un bout de ciel, un reflet.
Il lâouvre, sans faille,
comme on tourne la page dâun secret.
DerriÚre, le monde en désordre,
les façades, les regards, les ordres.
Devant, la route nue,
et lâombre quâil nâest plus.
Il sourit,
un peu de travers,
le genre de sourire qui dit :
« Je reviens de lâenvers. »
Rayé du registre des hommes,
mais pas du livre des songes.
Rayé, oui,
mais vivant dans la marge,
écrivant sa revanche.
Refrain final
Un grand trait â sur les murs et les peurs,
un grand trait â sur les juges et les heurs.
Un grand trait clair, froid, droit,
tracĂ© dâun doigt sur la soie du vent.
Rayé...
mais pas effacé.
Rayé...
mais relevé.
Rayé...
et libre, enfin.