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Balade d'anciens temps

Balade d'anciens tempsv-Fi

balade des troubadords du 15ème siècle ,Voix masculine
de La Personne EricOct 11, 2025
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Si nous avions vécu, lorsque des caravelles, parsemées de corail, ramenaient la cannelle, au repos du bercail ; Si nous avions vécu, au cœur des citadelles, sous un habit de mailles, lorsque chantait la vielle, a l'ombre du vantail ; Si nous avions connu, le temps des damoiselles, au profil de médaille, ce temps des tourterelles, nichant sous le vitrail ; Si nos yeux avaient vu, s'assembler la valetaille, autour de la muraille, au temps ou les échelles, attaquaient les tourelles ; Si nous avions vécu, lorsque des ribambelles, geignaient sur la mar- gelle, et que d’un soupirail, Sourdait la tenaille ; Quand on faisait l’obole, et donnait la parole, et que les ailes en croix, crucifié sur la porte, ululait le hibou ; Quand des meutes de loups, s'avançaient en cohortes, sous le gel et le froid ; Quand des troupes fourbues, campaient dans les semailles, et que la joue barbue, se ridait d'une entaille ; Si nous avions vécu, lorsque manquait le sel, au temps ou les écus, tombaient dans l’escarcelle ; Au temps ou dans les rues, coulaient des eaux fécales, comme la toile écrue, sur le dos du vassal ; Si nous avions vécu, lorsque dans les ruelles, pullulaient les bordels, Quand beuglait la gueulante, sous la porte du bouge, et qu'aux lèvres galantes, collaient les mufles rouges ; Quand une fille molle, vendue sur le grabat, prodiguait sa vérole, au cours de ses ébats ; Au temps ou la crécelle, en un suprême adieu, égrenait son rituel, sur les pas du lépreux ; 65 Si nous avions vécu, dans la cour des miracles lorsque le roi des gueux, régnait sur des pouilleux, aux membres en débâcle ; Quand grouillait la vermine, sous tous les oripeaux, Quand se plissait la peau, sous le sourire osseux ; Quand trônait la famine, assise au coin des yeux, Et que sous des gue- nilles, traînait une béquille ; Si nous avions vécu, lorsque chaînes aux chevilles, Se scellaient à la grille ; Et qu'un peuple badaud, tout autour de l’estrade, Engageait le bour- reau, à donner l’estrapade, Quand vers les piloris, montaient des cris hostiles ; Ce temps des braderies, divertissant la ville, Des foires et des ker- messes, tout le long des étales, Des jours de carnaval, sans seigneur ni féal ; Si nous avions vécu, lorsqu'une foule en liesse, lapidait un Hébreu, au sortir de la messe ; Lorsque les culs-terreux, n'avaient rien sur les fesses, Quand ribauds et marchands, se tenaient au portail, Regardant le truand, rechercher la chamaille ; Si nous avions vécu, lorsque sur les bûchers, se tordaient les sorcières, et qu'un tocsin de guerre, ébranlait le clocher, Quand bourdonnait le glas, tout en haut du beffroi, lorsque trottaient les rats, visqueux de choléra ; Quand les princes du sang, parcouraient le royaume, trucidant les ma- nants, mettant le feu aux chaumes ; Si nous avions vécu, à l'orée des clairières, lorsque des femmes nues, se baignaient aux lumières, de leurs rires charnus, Ce temps des lavandières, chantant dans le vallon, Montrant de leurs seins fiers, les globes et le sillon ;