音楽の詳細

Couplet 1
J’ai grandi là où les sirènes chantent plus que les oiseaux
Où les rêves s’écrasent avant même d’voir le jour, KO
Les murs ont des oreilles, les regards sont des couteaux
Ici la paix c’est un mythe qu’on raconte aux marmots
Bitume craquelé comme les cœurs qu’on a laissés
Chaque pote peut trahir pour une liasse ou un passé
On apprend vite à se taire, à encaisser sans parler
Parce que parler c’est signer son arrêt, calibré
Les anciens disent “tiens bon”, mais leurs yeux sont fatigués
Ils ont vu trop de gamins finir seuls ou zigouillés
Entre deals et descentes, entre haine et fraternité
On marche sur un fil, sans filet, sans dignité
Refrain
Dans mon quartier la nuit avale les innocents
La peur nous suit comme une ombre, collée dans le sang
Les promesses s’effacent sous la poudre et l’argent
Ici même les frères deviennent des ennemis lentement
Couplet 2
Les halls sentent la mort, mélangée à la beuh
Les billets passent de main en main, mais rendent personne heureux
Les petits rêvent de briller, mais la lumière est un leurre
Ils veulent l’or sans savoir qu’il est trempé dans les pleurs
J’ai vu des regards changer pour un bout de territoire
Des “je t’aime mon frère” devenir des histoires
Un coup dans le dos, c’est banal dans le noir
On serre des mains sales, on pactise avec le désespoir
Les daronnes prient tard, espérant un miracle
Pendant qu’leurs fils s’égarent dans des combines bancales
La vie est un pari truqué, un jeu sans morale
Où les anges tombent vite et les démons font le bal
Pont
On voulait juste respirer, trouver un peu d’air
Mais même l’horizon ici porte une barrière
On court après la paix mais on croise que la guerre
Chaque choix est un piège, chaque sourire un mystère
Couplet 3
J’ai vu des frères tomber pour des histoires dérisoires
Des vies brisées pour une rumeur ou un regard
La loyauté se vend au prix du désespoir
Et l’honneur se perd dans les ruelles sans espoir
On rêve d’ailleurs, mais l’ailleurs nous ignore
Alors on reste enfermés dans nos propres décors
Les keufs tournent, les gyrophares éclairent nos remords
Mais personne ne voit les blessures qu’on porte encore
On grandit trop vite, sans mode d’emploi
On apprend la survie avant même d’avoir foi
Et quand la nuit tombe, elle nous avale sans voix
Comme si le monde entier nous disait “débrouille-toi”
Refrain
Dans mon quartier la nuit avale les innocents
La peur nous suit comme une ombre, collée dans le sang
Les promesses s’effacent sous la poudre et l’argent
Ici même les frères deviennent des ennemis lentement
Outro
Et j’écris pour pas sombrer, pour garder l’équilibre
Dans un monde où les chaînes sont invisibles
On survit plus qu’on vit, prisonniers du possible
Mais au fond du chaos… j’garde une flamme indestructible
