Refrain
Chroniques de poussière, écrites sur du béton fissuré
Les vérités s’perdent quand les discours sont trop bien huilés
On parle de paix, mais les accords sentent la poudre et l’acier
Et l’humain disparaît dans les marges des papiers signés
Couplet 1
J’crache des lignes sur l’asphalte, alphabet de catastrophes
Où les slogans diplomatiques masquent des villes qu’on étouffe
Multilatéral théâtre, mise en scène de stratégies froides
Pendant qu’les civils encaissent les retombées qu’on déploie
J’vois des cartes redessinées sur des tables en marbre opaque
Et des destins s’fragmenter sous des décisions qu’on impacte
Le réel s’dilue dans les rapports aux termes aseptisés
Mais dehors c’est les gravats qui racontent la vérité brisée
J’ai les multisyllabes qui cognent comme des déflagrations
Dans un monde où les frontières deviennent justifications
Chaque camp réécrit l’histoire avec sa propre narration
Mais les ruines, elles, témoignent sans aucune traduction
Refrain
Chroniques de poussière, écrites sur du béton fissuré
Les vérités s’perdent quand les discours sont trop bien huilés
On parle de paix, mais les accords sentent la poudre et l’acier
Et l’humain disparaît dans les marges des papiers signés
Couplet 2
J’ai des images en stroboscope d’un monde en décomposition
Où l’info devient filtrée selon l’intérêt des positions
Narratives en collision, propagandes en symétrie
Et la douleur se hiérarchise selon qui la définit
Les enfants jouent dans des ruines comme terrain d’habitude
Pendant qu’en haut les débats s’perdent dans la certitude
J’vois des vies compressées dans des termes de géopolitique
Mais aucun mot n’peut traduire la détresse authentique
C’est boom bap dans les artères, syllabes en cartographie
Chaque punchline une fracture dans leur lexique poli
J’rappe pour les invisibles, pas pour les camps opposés
Mais pour rappeler qu’en bas, y’a des mondes explosés
Refrain
Chroniques de poussière, écrites sur du béton fissuré
Les vérités s’perdent quand les discours sont trop bien huilés
On parle de paix, mais les accords sentent la poudre et l’acier
Et l’humain disparaît dans les marges des papiers signés
Couplet 3
Polyrythmie de douleurs sous les constellations médiatiques
Où chaque image sélectionnée devient arme diplomatique
Mais l’fond du décor reste hors champ, volontairement flouté
Pour qu’le spectateur consomme sans jamais trop regarder
J’ai vu des récits s’opposer comme deux vérités absolues
Mais la souffrance, elle, traverse toutes les avenues
Aucune bannière n’protège un corps sous les décombres
Et la poussière ne distingue jamais les camps qu’elle encombre
Alors j’empile les métriques, architecture verbale stricte
Pour décrire un monde fragmenté sous logique dialectique
Mais même les plus belles rimes restent faibles face au réel
Quand la vie humaine s’efface dans des bilans officiels
Couplet 4
On vend la paix en communiqué, mais la guerre reste active
Dans les silences diplomatiques aux conséquences massives
J’vois les lignes bouger loin des cris et des sirènes
Pendant que les populations vivent les mêmes scènes
Et moi j’suis qu’un MC qui retranscrit les fissures du monde
Avec des phrases qui cognent là où la vérité gronde
Pas besoin d’ennemi unique pour décrire l’effondrement
Juste un système complexe qui déraille lentement
Refrain
Chroniques de poussière, écrites sur du béton fissuré
Les vérités s’perdent quand les discours sont trop bien huilés
On parle de paix, mais les accords sentent la poudre et l’acier
Et l’humain disparaît dans les marges des papiers signés
Couplet 5
J’ai des syllabes en cascade sur les ruines de leurs certitudes
Des vérités en lézarde sous l’épaisseur des habitudes
Géopolitique en coulisse, humanité en bas d’l’échelle
Pendant qu’les décisions tombent en langage officiel
J’vois des alliances se tisser sur des logiques d’intérêts
Et des vies devenir variables dans des équations imparfaites
Le réel se dissout dans des rapports stratifiés
Pendant qu’les corps sur le terrain restent sans priorité
Multisyllabique écriture, architecture de fracture
Chaque vers une fissure dans leur narration trop sûre
J’rappe pas pour choisir un camp dans leur cartographie
Mais pour montrer qu’la douleur traverse toute géographie
Et si mes mots font du bruit c’est pour briser le silence organisé
Celui qui rend la violence acceptable à force d’la normaliser
Parce qu’au final derrière chaque stratégie validée
Y a des humains qu’on oublie dans les bilans signés
Outro
J’termine ce son sur des ruines et des questions sans réponses
L’histoire avance, mais l’humain recule quand tout s’annonce
J’cherche pas des coupables figés dans des récits fermés
Juste un monde où la paix n’est pas un mot qu’on vient vendre ou signer
Le boom bap s’éteint, mais le fond reste le même
Des vies derrière les lignes, bien au-delà des systèmes
Et si ma voix s’arrête ici, c’est pas la fin du débat
C’est juste un rappel : l’humain doit passer avant les combats